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    "The important thing with a pick is that it's really the biggest amplifier that there is"

    "Once the fingers start finding their way around, suddenly... it's something that gets a rythm into it"

    "And the thumb's coming up until the top strings...and...that is a guitar teacher nightmare, because I'm not really doing it the way it's supposed to be done"

     

    Voici une vidéo dans laquelle Mark Knopfler nous explique sa technique particulière de fingerpicking.

    Avant toute chose, remarquons qu'il ne nous accueille pas n'importe où : il s'agit des "British Grove Studios", qui sont, comme leur nom l'indique, des studios d'enregistrement. Ce que le nom ne dit pas, en revanche, c'est que ces studios, high-tech, luxueux et spacieux, appartiennent à Mark Knopfler, et que c'est lui qui les a fait construire. C'est une des choses que j'apprécie chez Mark Knopfler. Contrairement au stéréotype de la rock star décadente évoquée dans "Money For Nothing", Mark Knopfler est là où il est
    avant tout grâce à sa passion. Et on le voit bien au fait qu'il ait réinvesti une bonne partie de son argent dans ce studio, pour continuer à faire de la musique, à vivre sa passion.

    Remarquons ensuite les nombreuses guitares présentes derrière Mark Knopfler (on les voit bien à 0:17). Tout à gauche de la pièce se trouve une Stratocaster qui est probablement celle avec laquelle Knopfler avait l'habitude de jouer "Tunnel of Love", une Stratocaster au corps doré, "sunburst" a priori, telle que sur cette photo : 

    A ce détail près que la guitare avec laquelle Knopfler jouait Tunnel Of Love n'avait pas les points de repère sur le manche (cf la vidéo de Tunnel Of Love plus bas dans l'article).

    Toujours en allant de gauche à droite, nous avons ensuite une Gibson Les Paul, que l'on ne présente plus. Puis une Stratocaster rouge, guitare fétiche de Mark, guitare traditionnelle de Sultans of Swing, guitare des débuts... Bref, pas besoin de la présenter non plus. Puis, une guitare acoustique, la National Steel Guitar sur laquelle je reviendrai peut-être dans un autre article (utilisée pour Romeo and Juliet et le début de Telegraph Road), une Pensa-Suhr jaune-marron, une autre guitare dont je pense que c'est une Pensa-Suhr, et enfin, tout à droite, une guitare que Mark utilisait pour jouer "Your Latest Trick".

    Pour finir, voici ce que nous dit Mark : il a commencé à apprendre avec un pick (aussi plectrum en anglais et français, plus souvent désigné par "médiateur" en français). Le pick a l'avantage de produire un son plus fort, c'est donc une sorte d'amplificateur naturel, et il produit un meilleur son d'enregistrement. Le pick est également plus rapide une fois qu'on apprend à l'utiliser en frappant les cordes à la fois vers le haut et vers le bas (contrairement au débutant qui va en principe commencer par ne l'utiliser que dans le mode "vers le bas"). Cependant, très vite, Mark Knopfler s'est mis à jouer avec ses doigts (y compris sur guitare électrique, NDLR), et ce en brisant pas mal de "règles" bien établies, puisqu'il a créé son propre style. Un jeu principalement avec les trois premiers doigts de la main droite, avec un pouce qui "bat le rythme" sur les cordes les plus graves. Cela n'est absolument pas représentatif de l'ensemble de son jeu, mais c'est très visible sur des partitions comme celle de "Walk of Life" (et ça s'entend très bien) ou même sur la célèbre intro de "Money For Nothing". Il dit d'ailleurs à la fin qu'il s'est ensuite très vite mis à déplacer son pouce sur toutes les cordes, même celles du bas ("top strings" pour Knopfler, car il parle en termes de hauteur de notes, et en effet, les cordes du bas étant les plus aigües, pour lui, il s'agit des "top strings", donc des "cordes du haut", mais haut en termes de ton, ce qui correspond d'ailleurs bien au fait que, sur une tablature, la corde la plus aigüe se trouve en haut, et la plus grave en bas).

    Tunnel Of Love, partie II, Wembley Arena, 1985, avec une Stratocaster "sunburst" :


    Par Grégoire Linakis


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  • Chet Atkins fut un des héros de Mark Knopfler durant sa jeunesse. Je dirais même plus, il fut l'un de ses guitar-hero. Certes pas de ceux qui courent et sautent dans tous les sens, crient fort et portent une veste en cuir. Oui, j'ai une définition plus large de "guitar hero" (et heureusement). Au sujet des clichés sur les guitaristes et le rock (du genre "la veste en cuir"), on pourra écouter l'excellente chanson "There'll be some changes made" de Knopfler et Atkins, à laquelle je consacrerai sûrement un prochain billet.

    Chet Atkins est un maître du fingerpicking et de la country. Il fut l'un des principaux maîtres, si ce n'est LE maître, LE modèle de Mark Knopfler. Ces derniers ont eu l'occasion de jouer ensemble à plusieurs reprises (et même de faire un album ensemble, l'album Neck&Neck évoqué ci-dessus).

    Les voici en train de jouer une musique de leur album ("I'll see you in my dreams"), puis une version de "Imagine" à la guitare (aux guitares) acoustique(s) :

     

     


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  • Voici une version live de Sultans of Swing à peine différente de la version album, mais qui a le mérite de contenir de légères et très agréables variations par rapport à l'album, tout en ayant une sonorité et une qualité d'enregistrement qui en est très proche, sans doute la plus proche parmi les différentes versions live existantes. De plus, ce live est connu comme étant la première vidéo de Dire Straits jouant Sutans of Swing. Je vous laisse apprécier...

     

    Il est à noter que, dans cette version encore très jeune de Sultans of Swing, le couplet qui commence par "And a crowd of young boys, they're fooling around in the corner" n'existe pas encore, alors qu'il sera présent sur la version album de la même année, ce qui nous amène à penser que cette version live est antérieure à l'enregistrement de la version album. L'absence de ce couplet place donc le 1er solo directement après le couplet sur Harry (And Harry does'nt mind, if he doesn't make the scene). Il est amusant de remarquer qu'alors que la version album comportera un couplet de plus, elle sera un peu moins complexe sur le plan guitaristique, puisqu'elle sera privée du (sublime) passage rapide présent entre 2:50 et 2:55 dans le 1er solo, et du moins rapide mais tout aussi sublime passage entre 4:25 et 4:31 dans le 2ème solo, juste avant la partie la plus connue du solo, la partie finale "en boucle". On peut sincèrement regretter que la version album, d'une qualité et d'une beauté sonore incroyables, ne comporte pas ces passages qui auraient encore rehaussé la qualité de la chanson. Peut-être l'explication est-elle à chercher dans le fait qu'en incorporant le second passage, ils auraient rallongé la durée du titre, (le premier passage n'augmente pas cette durée car il  vient en remplacement d'un passage de la version album) de seulement 6 secondes en tout certes, mais quand on sait que la durée de la version album est de 5:49 et que c'est déjà un format assez long et inhabituel pour un titre passant à la radio, on peut comprendre qu'on ait pu sacrifier certains développements déjà existants.

    Voici une autre version live de Sultans of Swing, elle aussi réalisée en 1978. Elle fait concurrence à la précédente, et je la trouve même meilleure. La qualité d'enregistrement et la sonorité lui sont d'un niveau au moins égal, et quant au jeu, il est plus décontracté et donne l'impression de prendre plus de libertés avec la partition d'origine, avec pas mal de petites notes en plus insérées ici et là. Il est à noter que les deux versions sont un vrai régal pour les guitaristes (et même pour les autres je pense) de par la très bonne vision qu'elles donnent du jeu de Knopfler, la caméra étant presque toujours dirigée vers le manche, avec de très nombreux gros plans, qui permettent vraiment de décortiquer le jeu main gauche de Knopfler sur beaucoup de passages, notamment sur le solo final en boucle, en fait très compliqué à réaliser correctement (je n'entrerai pas trop dans les détails, mais, en gros, cela demande un  gros travail de vitesse main gauche et main droite, et un travail de synchronisation des deux encore plus grand). Et outre le fait de mieux comprendre comment il joue, ce qui est un plaisir davantage réservé au guitariste, je pense que tout le monde peut apprécier de voir -en plus d'entendre- la vitesse, la fluidité et la virtuosité de son jeu.


    Voir ici pour un article précédent consacré à la chanson Sultans of Swing.


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    Making Movies est le 3ème album studio de Dire Straits, après Dire Straits et Communique.

    On voit sur cette vidéo des répétitions du groupe, encore très jeune (on doit être en 1980 puisque David Knopfler, le frère de Mark et guitariste rythmique, dit que les 2 dernières années de tournées ont été particulièrement difficiles, or ils ont commencé leur tournée en 1978 et David a quitté le groupe fin 1980). La jeunesse se voit notamment sur le visage de Mark Knopfler. On note également la présence de Pick Withers, le batteur d'origine du groupe, qui ne tardera pas à quitter le groupe après le départ de David.

    Certains considèrent que Dire Straits était encore Dire Straits tant que David et Pick étaient encore là, et que le groupe qui a existé ensuite n'était plus vraiment Dire Straits, que c'était devenu le groupe de Mark Knopfler avec des "Session musicians", sans doute meilleurs que Pick et David, mais sans l'âme du groupe d'avant.

    Je ne sais pas si ce changement de Dire Straits doit être daté de cet album. Bien sûr on peut identifier un changement dès que David et Pick partent : les membres du groupe ne sont plus tous ses membres fondateurs, le groupe se défait ainsi d'une partie de son histoire. Dorénavant, sauf Mark et John Illsley, le bassiste (qui sera le seul à rester durant tout l'histoire du groupe avec Mark), les musiciens ne seront plus les compagnons d'avant la célébrité, mais simplement les meilleurs que Mark Knopfler pourra trouver, et il sera seul commandant à bord. Le premier album qui ait vraiment été fait et répété entièrement sans David et Pick est Love Over Gold (David est parti pendant les répétitions de Making Movies, donc avant les enregistrements définitifs), où l'on sent déjà une complexité et une virtuosité croissante du jeu de guitare de Knopfler, à l'image de Telegraph Road ou de la version Live de Sultans of Swing qu'il jouera dès 1983 (et même un peu avant) lors de la tournée Alchemy. Le changement musical le plus important sera toutefois opéré avec l'album Brothers In Arms, avec des sonorités relativement nouvelles comme celles des chansons Brothers In Arms ou Money For Nothing.

    On voit David évoquer des problèmes au sein du groupe entre les deux frères : j'y reviendrai dans un prochain article, mais ce fut bien sûr la cause du départ de David.

    Enfin, la chanson Making Movies n'est jamais parue en l'état, mais elle semble avoir donné naissance à la chanson Skateaway, puisqu'on retrouve dans cette chanson le passage "she's making movies on location". Ceci dit, l'évolution entre ce premier jet qu'on voit dans la vidéo et la chanson finale, Skateaway, est énorme, et il ne reste plus grand chose de l'originale, si ce n'est sans doute l'idée de la chanson. Voici de quoi vous faire votre avis sur cette chanson que je trouve pas trop mal réussie tout en étant, selon moi, une des moins bonnes de Dire Straits :





    Making Movies fut en tout cas le nom donné à l'album. En dehors de l'explication donnée par Knopfler de la fille qui lui avait dit "Sometimes I feel I'm in a movie", il est curieux de remarquer que, dès 1983 et l'album Love Over Gold, Mark Knopfler va composer de nombreuses musiques de films... Making Movies...

     


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    Je n'ai pas grand chose à ajouter à cette vidéo : elle est sous-titrée en français, et se suffit à elle-même.

    C'est juste un document exceptionnel où l'on voit Mark Knopfler aux "débuts" de Dire Straits (deux ans avant le fameux album Brothers in Arms, mais déjà 5-6 ans après le titre Sultans of Swing). Il est encore tout jeune et il revient sur son histoire avec la guitare, son style de jeu et son succès, le tout avec le talent et la modestie qu'on lui connaît.


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